Art for Longing: D’hier à aujourd’hui

If I started creating collages and writing poetry,

it was because I was looking for an escape. A way to make sense of who I am and how I am supposed to be myself. A weird thing to say... How is one "supposed to be oneself". Nobody prepares you, teaches you, shows you how to.

When I think about that younger version of myself, back in 2016, having just left my home country to start studying in London, I cringe as much as I thrive. I was shameless or shameful, depending on the context. Craving some much human interaction, devouring art 24/7, living to die fast – and I wrote. Small poems in English and in French. Through my camera, I painted a world I wanted to be part of or to run from. Contrasts have always been my mantra; they make anything dimensional and appealing.

The images began to dialogue with my writing, and the poetry spoke in bilingual metaphors. Stories imprinted on my skin as much as on my Instagram feed. The punk from the Swiss middle class I was – still am to this day with nuances – was looking for her peers. A community of creatives, longing for connections beyond the superficial, rather quite existential. Multifaceted personae who feel so strongly that existence is nothing but suffering at times. Goths at heart or in style gravitating around dark aesthetics with refinement, sophistication.

I made myself through digital photography and the deconstruction of contemporary images,

urban, provocative even, often sensual. To tell these unspoken things that cause so much pain to those who, out of modesty or fear of suffering, do not dare to open up.

I was saved by French poetry and English literature,

rich in melancholy, drama, and cursed love. To spare you from taking certain paths that would burn your wings without much need. To take your hand in mine and reassure you that certain pains are universal.

I continue to shape myself thanks to this art,

which may seem harsh and black at the same time, but which allows me to move forward. To invite you into this universe where the visceral is not a crime but a breath of life. Because when one is about to abandon everything, turning towards the fantasy of a world where unlimited expression is allowed, that saves lives.

SENSUAL ATROPHY | WATCH THE FILM

Si j'ai commencé à créer des collages et à écrire de la poésie,

c'est parce que je cherchais l'évasion. Une façon de comprendre qui je suis et comment l'être. C'est étrange à dire... Comment est-ce que l'on « doit être soi-même ». Personne ne vous y prépare, ne vous l'apprend.

Quand je repense à mon moi plus jeune, celui de 2016, ayant quitté mon pays natal pour m'installer à Londres et y faire mes études, l'embarras m'envahit autant que la nostalgie. Impétueuse ou honteuse, tout dépendait du contexte. Affamée d'interactions avec l'Autre et d'art h24, une vie à mille à l'heure pour mourir vite – et puis, j'écrivais. Des petits poèmes en anglais et en français. Mon objectif m'a permis de peindre le monde auquel je voulais appartenir ou lequel je devais fuir. Les contrastes ont toujours été mon mantra ; ils apportent tant de dimension et de séduction.

Les images ont alors commencé à parler aux mots, et la poésie s'est exprimée au fil de métaphores bilingues. Des récits se sont inscrits sur ma peau comme sur mes réseaux sociaux. La punk de la classe moyenne Suisse que j'étais – et suis toujours à quelques nuances près – cherchait ses pairs. Une communauté d'artistes, désirant trouver cette connection au-delà du superficiel, plutôt existentielle. Des personnages aux facettes multiples qui ressentent les émotions avec une si grande intensité qu'exister relève de la souffrance la plupart du temps. Des gothiques dans l'âme ou dans le style qui gravitent autour du noir, d'esthétiques sombres, genre académiques mais avec élégance, une certaine sophistication.

Je me suis inventée au fil de la photographie et de la déconstruction d'images contemporaines,

urbaines, parfois provocatrices, souvent sensuelles. Pour raconter ces non-dits qui font tant de peine à ceux et celles qui, par pudeur ou crainte de souffrir, n'osent pas s'ouvrir.

Je me suis sauvée par la poésie française et la littérature anglaise,

riche de mélancolie, de drame et d'amour maudit. Pour vous épargner d'emprunter certains sentiers qui vous brûleraient les ailes sans grande nécessité. Pour prendre votre main dans la mienne et vous rassurer que certaines douleurs sont universelles.

Je continue à me forger grâce à cet art, qui peut sembler dur et noir à la fois,

mais qui me permet d'avancer. Pour vous inviter dans cet univers où le viscéral n'est pas un crime mais un souffle de vie. Parce que quand on s'apprête à tout abandonner, se tourner vers la fantaisie d'un monde où l'expression sans limites est permise, ça sauve des vies.

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